Le Groenland : un avenir loin de l’Europe ?
© AFPLe 25 novembre dernier, la population groenlandaise a accepté par référendum à plus de 75 % un projet d’autonomie renforcée. Un choix qui pose question pour ce territoire à la culture si particulière, politiquement européen (dépendance danoise) mais géographiquement américain.
Si on vous dit « Groenland » vous allez sûrement imaginer un désert de glace habité par quelques peuplades Inuits. Et bien le cliché a du vrai.
Le Groenland, c’est une île gigantesque – trois fois plus vaste que l’Ukraine – et une densité de 0,03 hab/km². Un désert donc… qui plus est à l’écart, là-haut près du pôle Nord. Loin de l’Europe surtout.
Car le Groenland, conquête scandinave du Moyen Âge, est une possession du Danemark depuis le XVIIIe siècle. Une possession qui acquiert un statut autonome en 1979, et se retire même du Marché commun européen en 1985 afin de protéger son économie de pêche. Néanmoins l’économie régionale reste largement subventionnée par l’Union européenne. Ainsi, outre la pêche, vingt-cinq millions d’euros sont alloués chaque année au système éducatif.
Sollicité par Le Puy de Babel, le spécialiste du Groenland et de ses enjeux Damien Degeorges affirme que si « l’autonomie renforcée ouvre la voie à une possible indépendance, (…) d’importants obstacles restent à surmonter ». On pense notamment à la maîtrise de cet immense espace rigoureux et sous-peuplé en proie aux effets du réchauffement climatique. À cette considération, Damien Degeorges répond « qu’un territoire stratégique grand comme quatre fois la France, (...) peuplé d'environ 57 000 habitants, au cœur de l'Arctique, ne pourra qu'attirer les convoitises ».

Et parmi
celles-ci, il y a les inévitables ressources naturelles dont font partie les
hydrocarbures. Le sous-sol de l’inlandsis arctique a un potentiel conséquent,
jusqu’ici inexploité : « aucun forage n’a
pour le moment été réalisé » nous informe Damien Degeorges. Mais des
licences ont été délivrées à des compagnies pétrolières. Comme base économique,
les dirigeants de l’île comptent beaucoup sur la manne qui pourrait découler de
cette richesse énergétique.

© Creative Wonders
Quand on sait que la population se situe très majoritairement sur la côte Ouest, face au nouveau monde, l’ombre des États-Unis n’est pas une hallucination. D’autant que le gendarme du monde y est déjà présent indirectement – base militaire.
Le Groenland devra donc assurément se décider : préférer le proche partenaire américain, ou rester la « fenêtre arctique » de l’Europe.



Commentaires
Le Groenland ce territoire, comme vous écrivez à la culture si particulière, politiquement européen (dépendance danoise) mais géographiquement américain.
J'ai bien peur qu' une bonne partie de l'Europe soit bien, en effet, géographiquement en Europe mais politiquement étasunienne...
Merci pour cet article sur un sujet pour le moins méconnu.
Que fait cette base américaine au Groenland ? Et "l'ombre des États-Unis" est-ce purement une influence sociale ou/et des investissements massifs (exploitation des sites pétrolifères notamment) ?
Pour répondre au positionnement politique de l'Europe, c'est vrai que l'U.E. est très liée aux E.U.. Et un renforcement des relations est à prévoir avec la nouvelle présidence américaine, qui fait l'unanimité en Europe.
Mais l'U.E. garde quand même une attitude très autonome, car c'est une puissance de premier plan.
La base américaine de Thulé (nord ouest) est implantée depuis 1941, renforcée après la Seconde guerre mondiale dans le cadre de l'O.T.A.N.. C'est une base de surveillance, que G.W. Bush voulait doter de boucliers anti-missile, mais qui pourrait servir comme relais "spatial".
Quant à l'influence états-unienne, elle est surtout économique, mais je connais pas la hauteur des investissements réalisés. Ce qui est quasi sûr, c'est que le Groenland aura du mal à résister à l'appétit du grand voisin. D'autant que le Danemark apparaît comme un faible rempart.
Le Danmark oui, mais l'UE ?
D'ailleurs, au regard du droit international public, le Groenland a une situation très floue qu'il faudra résoudre rapidement si l'on veut une situation géopolitique stable. Parce que la Russie n'est pas loin non plus...
Une situation très floue coté droit international... c'est à dire? à cheval sur plusieurs systèmes ou carrément un mode de "fonctionnement" qui lui est propre?
Soyons clairs : le Groenland ne fait pas partie de l'Union européenne, même s'il est sous suzeraineté danoise.
Il possède son propre gouvernement. Un rapprochement avec les Etats Unis (et vraisemblablement pas la Russie) est donc tout à fait envisageable.
j'ai des amis qui ont fait une expédition au nord du groënland et même qu'il y a des problèmes à l'est pour garder la frontières c'est pas les pays bas qui font ça
"C'est pas les Pays Bas", c'est-à-dire ?
parfois oui :)
ils le sont oui c vrai mais pas tous quand meme!!!
il ne font que dormir c leur hobbie prefere
oublions le passe et focalisant sur ce qui nous attend
restez zen les amis